Papouasie: élection comme Premier ministre d’un critique du contrat gazier

Le Parlement de Papouasie-Nouvelle-Guinée a élu ce jeudi comme chef du gouvernement un ancien ministre des Finances qui avait démissionné pour protester contre un contrat gazier géant passé avec les français Total et américain Exxon. James Marape a été désigné à une très large majorité après des semaines de crise politique qui ont débouché mercredi sur la démission de Peter O’Neill, au bout de huit ans passés à la tête du gouvernement.

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«Je déclare que le député de Tari Pori, James Marape, a été élu Premier ministre de l’Etat indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée», a déclaré le président du Parlement Job Pomat. Le nouveau Premier ministre a été élu par 101 voix contre huit. Dans un message publié sur Facebook, James Marape a promis de faire de l’archipel «la nation chrétienne noire la plus riche de la Terre» et de placer «l’intérêt national au dessus des intérêts personnels et des intérêts des entreprises».

Colère contre un contrat gazier

La grogne couvait dans le pays du fait de la corruption endémique et de son sous-développement chronique mais s’était cristallisée autour du projet à 13 milliards de dollars conclu avec Total et ExxonMobil en avril. Ce projet vise à quasiment doubler les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) du pays. Les leaders tribaux et régionaux estiment être lésés dans le partage des bénéfices.

La Papouasie, l’un des pays les plus pauvres d’Asie, possède d’immenses richesses naturelles, en particulier des champs gaziers. M. Marape, qui est originaire de la province de Hela, une région riche en énergie, a laissé entendre qu’il voulait une redistribution des profits générés par le contrat. Quand il avait démissionné en avril, il avait évoqué des divergences «sur des questions de travail et de politique» avec le gouvernement de M. O’Neill de même qu’une participation insuffisante des régions «à nos secteurs gaziers, pétroliers» et à l’industrie minière.

Il a également dénoncé «les contrats corrompus» passés avec l’Australie pour reléguer les migrants qui tentent de gagner ses côtes dans des camps de l’île de Manus, dans le nord de la Papouasie et exigé l’ouverture d’une enquête. «Depuis que nous nous sommes portés volontaires pour aider l’Australie en 2013 (…) nous avons sacrifié la réputation de Manus en tant qu’île tropicale sûre», avait-il dit en février.

Источник: Lefigaro.fr

Источник: Corruptioner.life

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