« Le périphérique est un lieu idéal pour accueillir des entrepôts »

Aurélien Rouquet, professeur de logistique, propose dans une tribune au « Monde » de transformer une partie du périph en plate-forme logistique, relayant le trafic de camions entrant dans la capitale, pour évoluer vers des modes de livraison « doux » à l’intérieur de Paris.

Publié aujourd’hui à 10h09, mis à jour à 10h25 Temps de Lecture 5 min.

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« Si l’objectif d’atténuer la place de la voiture et de mieux relier Paris à la banlieue est tout à fait louable et doit être poursuivi, un enjeu crucial est cependant négligé et très peu médiatisé : celui des marchandises » (périphérique porte d'Ivry).

Tribune. Le 28 mai, une mission d’information et d’évaluation (MIE) de la Mairie de Paris a remis son rapport à Anne Hidalgo sur la transformation du périphérique. Le rapport préconise notamment de transformer le périphérique en boulevard où la vitesse serait limitée à 50 km/h. Le nombre de voies serait réduit, et certaines dédiées au transport en commun et aux circulations douces.

Plus généralement, la réforme viserait à mieux connecter Paris aux communes limitrophes, et à casser une barrière établie dans les années 1970. Au-delà de la MIE, plusieurs personnalités ont d’ailleurs pris des positions proches. Si Gaspard Gantzer propose de détruire simplement le périphérique, Paul Chemetov, de manière plus réaliste, suggère de le transformer. Enfin, dans son rapport sur le Grand Paris, Roland Castro veut « l’effacer tout en conservant sa capacité de voie rapide » (« Du Grand Paris à Paris en grand », voir lien PDF).

On ne peut, bien sûr, qu’être ébloui par les photos d’un périphérique réaménagé, fleuri d’arbres verts, permettant de recouturer Paris avec les communes limitrophes, et réservant des voies aux transports en commun et aux cyclistes. Si l’objectif d’atténuer la place de la voiture et de mieux relier Paris à la banlieue est tout à fait louable et doit être poursuivi, un enjeu crucial est cependant négligé et très peu médiatisé : celui des marchandises.

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Or, c’est pourtant une évidence, les habitants du Grand Paris ont besoin chaque jour d’être approvisionnés en nourriture, en électronique, en meubles, en vêtements, en livres, etc. Chaque année, ce sont ainsi plus de 200 millions de tonnes de marchandises qui transitent de/ou vers l’Ile-de-France. Les gares parisiennes étant désormais dédiées aux seuls voyageurs, les quais de Seine ayant été réservés aux piétons, tous ou presque, ces millions de tonnes sont approvisionnées à plus de 90 % par des camions.

Impact insoutenable

Alors que notre planète brûle, l’impact environnemental de ces livraisons n’est pas soutenable. Tous ces camions consomment du pétrole, émettent du gaz à effet de serre, génèrent de la pollution sonore, sont causes d’accidents et de congestion, contribuent à diminuer l’espérance de vie des Parisiens, etc.

Pourtant, sauf à transformer les Parisiens en Diogène, on comprend bien qu’on ne peut supprimer tous ces camions ! D’autant que les Parisiens ne sont pas à une contradiction près, et pestent contre ces camions qui stationnent sur les pistes cyclables… tout en demandant à être livrés toujours plus vite à leur domicile en un simple clic ! Dans ce cadre, un enjeu environnemental clé est de prendre des mesures rapides afin de diminuer l’impact nocif de toutes ces livraisons.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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