France: le parquet favorable à l’extradition d’un ingénieur iranien réclamé par les Etats-Unis

Le parquet général d’Aix-en-Provence (sud-est de la France) s’est prononcé mardi en faveur de l’extradition vers les États-Unis d’un ingénieur iranien, dont les avocats ont dénoncé «une demande à l’évidence politique». La cour d’appel rendra sa décision le 22 mai.

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Jalal Rohollahnejad, 41 ans, a été interpellé le 2 février à Nice (sud-est) en provenance de Téhéran, via Moscou, et placé sous écrou extraditionnel en vertu d’une demande d’arrestation des autorités judiciaires américaines. Il avait obtenu un visa français pour des raisons professionnelles. Deux juges fédéraux américains lui reprochent une série d’infractions liées à une tentative pour exporter vers l’Iran des systèmes micro-ondes industriels et des systèmes anti-drones, sous le couvert d’une opération commerciale avec les Emirats arabes unis.

Au prix de modifications, ces systèmes industriels pourraient, selon la demande américaine, être transformés en armes de destruction très ciblée. Rohollahnejad aurait agi pour le compte de la société iranienne Rayan Roshd Afszar, entreprise en lien avec le corps des Gardiens de la révolution islamique, fer de lance du régime iranien. Les infractions visées par la justice américaine, qui auraient été commises de juin 2016 à avril 2018, font encourir au total soixante ans de prison à cet ingénieur, qui affirme n’avoir rien à voir dans ces faits.

Rohollahnejad a confirmé avoir mené des recherches purement scientifiques pendant une dizaine d’années pour le compte de l’organisation aérospatiale iranienne. Les États-Unis évoquent de leur côté des travaux de recherche et développement sur des missiles balistiques.

«Espion et scientifique de haut vol, les deux notions ne sont pas incompatibles», selon l’avocat général Serge Bocoviz. Selon lui, il n’existe aucun obstacle juridique à l’extradition, les infractions visées par les Américains trouvant leur équivalent dans le droit français. Des arguments balayés par les avocats de la défense selon lesquels la justice française «ne peut pas envoyer cet homme pour 60 ans dans les geôles américaines».

Me Adrien Milani a dénoncé une «stratégie d’enfumage» des États-Unis, pointant de nombreux flous dans leur demande. «Est-il concevable que la cour oublie la situation entre les USA et l’Iran, deux pays en guerre froide», a plaidé de son côté Me Jean-Yves Le Borgne, qui estime que «tous les moyens sont utilisés pour tenter d’étrangler (l’Iran) et lui faire rendre gorge».

Источник: Lefigaro.fr

Источник: Corruptioner.life

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