Européennes : pourquoi les programmes des partis français sont en décalage avec la réalité

Enjeux nationaux, mesures déjà mises sur la table ou sans alliés européens pour les voter… Vues de Bruxelles, les propositions hexagonales apparaissent en décalage avec la réalité.

Par Cécile Ducourtieux Publié aujourd’hui à 18h00

Temps de Lecture 5 min.

Article réservé aux abonnés

A Paris, le 15 mai.

Surenchère dans la protection de l’environnement, pléthore de mesures sociales, remise en cause plus ou moins radicale des accords de libre-échange, de l’espace Schengen, du rôle de la Commission européenne… Les principaux partis politiques français semblent faire la course au prix du programme le plus dense pour le scrutin du 26 mai. Mais, vu de Bruxelles, persiste un fort sentiment de décalage avec le champ des possibles.

Focalisés sur des enjeux nationaux – référendum anti-Macron pour La France insoumise (LFI), occasion de ressouder les troupes après la présidentielle de 2017 pour Les Républicains (LR), tour de chauffe pour les municipales chez La République en marche (LRM) –, les partis hexagonaux s’affranchissent largement du principe de réalité bruxellois.

Premier constat : les programmes évitent le préalable d’un diagnostic sur l’état de l’Union. Quel est le bilan réel du Parlement européen depuis 2014, de la Commission Juncker, des Etats membres au sein du Conseil, sachant qu’aucune législation européenne ne peut être adoptée définitivement sans leur feu vert ? Il est en demi-teinte. L’Europe n’est pas au bord du chaos et, sur quelques fronts, elle a même progressé. S’agissant d’économie, les croissances sont revenues et la France devrait être le seul pays, en 2019, avec un déficit public supérieur aux 3 % du produit intérieur brut fixés par les traités. Mais les taux de chômage des jeunes restent considérables, notamment en Espagne, en Grèce ou en Italie.

Manque d’ambition environnementale

Cette situation est certes moins le fait de la Commission que des contextes nationaux et internationaux, mais l’institution n’a pas pour autant mené de politique d’austérité. Elle s’est au contraire montrée flexible dans l’application des règles budgétaires à l’égard de la France, de l’Italie et de l’Espagne. Trop au goût de l’Allemagne ou des Pays-Bas, qui réclament désormais, pour la prochaine Commission, un(e) président(e) plus « techno » que Jean-Claude Juncker. Autrement dit, qui applique les règles sans les interpréter.

Après des décennies d’immobilisme, sur le front du social et de la fiscalité, l’Union a enfin un peu progressé. La commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager, a mis fin à l’impunité fiscale des géants du numérique en condamnant Google à payer une amende record de 2,42 milliards d’euros pour abus de position dominante et en taxant Apple ou Facebook pour aides d’Etat illicites.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Bruxelles s’attaque à la régulation des plates-formes du Web

La réforme du statut des travailleurs détachés, avec l’obligation faite qu’ils soient payés au même niveau que leurs collègues du pays d’accueil pour le même travail, a été entérinée. L’Europe s’est en revanche montrée incapable de gérer la question migratoire, les pays de l’Est refusant de jouer le jeu de la solidarité pour les réfugiés. Et a manqué d’ambition en matière environnementale.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

Européennes : pourquoi les programmes des partis français sont en décalage avec la réalité

Enjeux nationaux, mesures déjà mises sur la table ou sans alliés européens pour les voter… Vues de Bruxelles, les propositions hexagonales apparaissent en décalage avec la réalité.

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A Paris, le 15 mai.

Surenchère dans la protection de l’environnement, pléthore de mesures sociales, remise en cause plus ou moins radicale des accords de libre-échange, de l’espace Schengen, du rôle de la Commission européenne… Les principaux partis politiques français semblent faire la course au prix du programme le plus dense pour le scrutin du 26 mai. Mais, vu de Bruxelles, persiste un fort sentiment de décalage avec le champ des possibles.

Focalisés sur des enjeux nationaux – référendum anti-Macron pour La France insoumise (LFI), occasion de ressouder les troupes après la présidentielle de 2017 pour Les Républicains (LR), tour de chauffe pour les municipales chez La République en marche (LRM) –, les partis hexagonaux s’affranchissent largement du principe de réalité bruxellois.

Premier constat : les programmes évitent le préalable d’un diagnostic sur l’état de l’Union. Quel est le bilan réel du Parlement européen depuis 2014, de la Commission Juncker, des Etats membres au sein du Conseil, sachant qu’aucune législation européenne ne peut être adoptée définitivement sans leur feu vert ? Il est en demi-teinte. L’Europe n’est pas au bord du chaos et, sur quelques fronts, elle a même progressé. S’agissant d’économie, les croissances sont revenues et la France devrait être le seul pays, en 2019, avec un déficit public supérieur aux 3 % du produit intérieur brut fixés par les traités. Mais les taux de chômage des jeunes restent considérables, notamment en Espagne, en Grèce ou en Italie.

Manque d’ambition environnementale

Cette situation est certes moins le fait de la Commission que des contextes nationaux et internationaux, mais l’institution n’a pas pour autant mené de politique d’austérité. Elle s’est au contraire montrée flexible dans l’application des règles budgétaires à l’égard de la France, de l’Italie et de l’Espagne. Trop au goût de l’Allemagne ou des Pays-Bas, qui réclament désormais, pour la prochaine Commission, un(e) président(e) plus « techno » que Jean-Claude Juncker. Autrement dit, qui applique les règles sans les interpréter.

Après des décennies d’immobilisme, sur le front du social et de la fiscalité, l’Union a enfin un peu progressé. La commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager, a mis fin à l’impunité fiscale des géants du numérique en condamnant Google à payer une amende record de 2,42 milliards d’euros pour abus de position dominante et en taxant Apple ou Facebook pour aides d’Etat illicites.

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La réforme du statut des travailleurs détachés, avec l’obligation faite qu’ils soient payés au même niveau que leurs collègues du pays d’accueil pour le même travail, a été entérinée. L’Europe s’est en revanche montrée incapable de gérer la question migratoire, les pays de l’Est refusant de jouer le jeu de la solidarité pour les réfugiés. Et a manqué d’ambition en matière environnementale.

Источник: Lemonde.fr

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