Anvers, terre d’accueil des Bruxellois. Vraiment?

Bruxelles perd des habitants, ce n’est pas neuf. Ce qui l’est davantage, c’est qu’ils sont toujours davantage à opter pour Anvers.

Ces cinq dernières années, l’immobilier «plus abordable» aurait poussé plus de 3.500 Bruxellois à se loger ou acheter à Anvers. Et la tendance serait, selon le promoteur anversois Philippe Janssens (Immpact), croissante. La nouvelle, portée à un mois des échéances électorales par le promoteur flamand, chiffres de l’IBSA (Institut bruxellois de statistique et d’analyse) à l’appui, devrait réjouir Bart De Wever (N-VA): jamais les sirènes de la ville dont il est le bourgmestre récemment reconduit n’ont autant séduit de Bruxellois.

Sur cinq ans, entre 2013 et 2018, ils ont été 3.581 à y acheter un bien immobilier. Et rien qu’en 2017, dernière année recensée, ils ont été pas moins de 810 (soit 29% de plus qu’en 2013) à s’installer dans la cité scaldienne. Une part importante des investisseurs immobiliers agissant à Anvers ne serait d’ailleurs pas comptabilisés par l’IBSA. Le dernier baromètre démographique annuel publié indiquait que pas moins de 39.124 habitants avaient quitté la capitale pour une des autres régions, à commencer par la large périphérie bruxelloise.

Autre donnée croisée intéressante transmise par l’institut bruxellois: 24.381 résidents de Flandre ou de Wallonie avaient fait le chemin inverse vers Bruxelles; mais de moins en moins d’Anversois étaient dans ce cas. Encore 668 à migrer vers la capitale en 2015, ils n’étaient plus que 625 en 2017.

«L’emploi portuaire agit comme un aimant sur un nombre croissant de Bruxellois.»

Philippe Janssens
Promoteur immpact

Immobilier abordable et de qualité

Sans qu’on puisse encore parler de ruée vers l’Escaut, si une frange croissante d’investisseurs bruxellois optent pour l’immobilier anversois, c’est, selon Philippe Janssens, parce que son marché locatif est intéressant à plusieurs titres: «L’emploi portuaire agit comme un aimant sur un nombre croissant de Bruxellois, mais les prix des appartements exercent aussi un réel attrait. Ils sont en effet en moyenne 14% inférieurs à ceux de la capitale. En 2018, le prix moyen d’un appartement y était de 206.890 euros alors qu’il fallait débourser 240.250 euros, soit 16% de plus, en Région de Bruxelles-Capitale. Pour les maisons et les villas, les prix y sont 40% supérieurs: tablez sur 452.721 euros pour une maison d’habitation à Bruxelles contre 275.784 euros à Anvers», précise-t-il.

Il poursuit: «Ces dernières années, la Ville d’Anvers a en outre investi des millions d’euros dans le redéploiement de nouveaux quartiers résidentiels. ‘t Eilandje et Damwijk, par exemple, étaient au départ des quartiers pauvres, industriels, tombés en désuétude. Aujourd’hui, ce sont de véritables pôles d’attraction, surtout pour les nouvelles constructions».

Selon Philippe Janssens, ces quartiers revalorisés et les logements abordables qui y sont offerts à la vente renforcent année après année l’attrait des Bruxellois pour Anvers.

Au rang des projets récents les plus attractifs, on peut pointer le projet Doktoren, dans le quartier anversois Eilandje, à côté du parc Spoor Noord. La construction du complexe de 154 appartements vient seulement de débuter. «Les prix démarrent à 200.000 euros et attirent aussi bien les investisseurs que les occupants. Les premiers devraient emménager fin 2020 et nous sommes curieux de voir combien seront originaires de la capitale…», lance le promoteur en pleine phase de commercialisation.

Источник: Lecho.be

Источник: Corruptioner.life

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